Société

Wayiyans de Banfora : « Vouloir défier l’autorité, c’est comme si tu es un récalcitrant » dixit Amadé Yaro, président de la veille citoyenne communal.

Elle a traversé des moments peu enviables, secouée qu’elle était par une crise mémorable. Il s’agit de la coordination de la veille citoyenne communale de Banfora, dont les membres sont communément appelés les Wayiyans. Actes de sabotage, communiqués pour la restitution du matériel appartenant à la CNAVC, suspension des travaux d’un rond-point des Wayiyans en plein centre-ville à Tatana, secteur n°15 de Banfora, peut-on conclure que les Wayiyans de Banfora ont ce passé peu glorieux derrière eux ? Amadé Yaro, porté à la tête de la coordination communale de la veille citoyenne de Banfora, par rapport à cette crise, nous a ouvert son cœur. C’était ce 23 mars 2026 au restaurant universitaire de Banfora.

Comment se porte actuellement la veille citoyenne de Banfora après des moments de crise entre les membres ?

La veille citoyenne de la commune de Banfora se porte très bien. Si vous avez remarqué dans ces derniers temps, il y a pas mal d’activités que nous avons faites pour essayer de sensibiliser les gens sur des questions majeures auxquelles les pays de l’AES sont confrontés. Donc ça se passe très bien, même si nous avons eu à traverser certaines périodes où ce n’était pas simple. Mais aujourd’hui la veille citoyenne de Banfora se porte très bien.

C’est vrai que c’est suite à une crise que vous êtes arrivés à la tête de la coordination de la veille citoyenne communale de Banfora. Concrètement, dites-nous ce que vous avez entrepris pour ramener la cohésion et la sérénité entre les Wayiyans de la commune ?

Pour la cohésion, il y a les cadres de concertations et de dialogue de la veille citoyenne communale de Banfora qui seront bientôt lancés. Ce qui va regrouper plusieurs acteurs et plusieurs coordonnateurs de mouvements. Nous allons repartir sur de nouvelles bases et voir dans quelle mesure ceux qui ont quitté le navire peuvent comprendre que le patriotisme ce n’est pas une opportunité pour soi. C’est d’abord servir la nation et maintenant, si le peuple est content de toi, ce qu’il te donnera, c’est ce qui est pour toi. Pour moi c’est le patriotisme qui prime d’abord et nous allons continuer de travailler à rassembler les gens afin qu’ils puissent être des acteurs patriotiques de la veille citoyenne communale.

La situation était telle que des communiqués interpellant des camarades à restituer le matériel appartenant aux Wayiyans. A ce jour ledit matériel a été restitué ?

Merci pour cette question. Il faut noter qu’il était très important pour nous de faire d’abord le bilan du matériel que nous avons acquis sous notre mandat quand nous étions en train de travailler avec l’ancien président. Et ce matériel a été acquis au nom de la CNAVC. Si toutefois ce matériel a été acquis au nom de la CNAVC, il appartient à cette structure. Il est composé entre autres d’une motopompe, des gilets de la CNAVC et autre matériel. Alors il faut le restituer et quand le coordonnateur provincial m’a interpellé de restituer les biens de la CNAVC, j’ai dit qu’il n’y a pas de soucis puisse que c’est lui le « patron ». J’ai transmis la liste du matériel qui se trouvait avec l’ancien président. Le coordonnateur lui a adressé une correspondance et je pense qu’elle suit son cours. Bientôt nous allons voir dans quelle mesure nous allons rentrer en procession de ce matériel afin de pouvoir redynamiser le secteur agricole avec ce bien qui nous appartient.

« La veille citoyenne de la commune de Banfora se porte très bien »

C’est à dire qu’à ce jour le matériel n’est pas encore officiellement restitué ?

Le coordonnateur provincial n’est pas encore revenu vers moi par rapport à ce matériel pour dire qu’il est entré en procession. Nous allons toujours nous concerter pour trouver la meilleure voie possible pour entrer en procession du matériel.

Il y a aussi le cas du coordonnateur provincial où des Wayiyans sont allés faire une intrusion dans son magasin ?  

Oui, c’est compliqué entre les récalcitrants et les patriotes. Et il faut savoir que quand tu commets une faute et qu’on te sanctionne, il faut accepter d’être sélectionné. Mais vouloir défier l’autorité, c’est comme si tu es un récalcitrant. Alors, nous en tant qu’accompagnateurs de ces autorités-là, nous n’allons pas permettre à ce que ces personnes-là puissent manquer du respect à nos leaders. Raison pour laquelle quand premièrement, nous avons eu des sites saccagés, nous avons dit non. Que s’est-il passé ? Nous avons cherché à comprendre. Il y a eu en tout cas un mécanisme pour essayer d’identifier certaines personnes qui étaient sur place au niveau de ce site de veille ce jour-là. Aujourd’hui, c’est sur ce même site qu’il y a eu des tiraillements à ma présence. Des Wayiyans ont voulu implanter un autre site sans aviser la CNAVC, sans même personnellement me saisir pour que je puisse informer le coordonnateur provincial afin qu’on puisse trouver le bon mécanisme pour pouvoir implanter ce rond-point. Parce que tous les sites qui sont à Banfora appartiennent à la CNAVC. Aucun site n’appartient à un mouvement. Donc, personne ne peut installer un site soi-disant que c’est pour au nom d’un mouvement, ce n’est pas comme ça.

Cela explique-t-il la suspension des travaux du site au niveau de Tatana ?

Voilà en tout cas ce qui a amené la suspension des travaux parce qu’il y a eu trop de tohu-bohu autour. En fait, c’est pour dire que quand des Wayiyans ont commis des fautes et qu’ils ont été sanctionnés, ils n’ont pas digéré et ont essayé de travailler à donner une autre image de la CNAVC/Banfora. Mais nous restons toujours focus sur le l’essentiel. C’est l’objectif et nous avançons sereinement pour apporter notre contribution au développement de la ville.

Vous avez parlé d’un cadre de dialogue. Quand est-ce que ces pourparlers débuteront ?

Les activités sont en cours. Le 22 mars 2026, nous sommes sortis pour un direct pour lancer un appel à l’Union Européenne compte tenu de la décision qu’ils ont prise par rapport au Niger.  C’est une activité pour montrer aux gens que nous sommes mobilisés, formés et équipés pour pouvoir répondre à une intervention à tout moment. Un Wayiyan, doit être fort dans la tête, assidu, ponctuel et patriote.

Pour revenir sur votre question concernant le cadre de concertation et de dialogue communale, il verra le jour bientôt. Nous allons en tout cas échanger avec la coordination provinciale pour voir le bon mécanisme afin de pouvoir inculquer les bons principes dans la tête des patriotes sincères qui veulent faire le chemin avec nous.

« Nous, Wayiyans nous sommes prêts à l’accompagner jusqu’au bout« 

Quel a été le message livré aux Wayiyans lors de ce direct ?

Le message que nous avons voulu donner aux Wayiyans et à l’ensemble de la population de la commune de Banfora, c’est de rester toujours en alerte maximum parce que l’ennemi ne dort pas. Et si l’ennemi ne dort pas, nous aussi nous ne devons pas dormir. C’est pour dire que le Burkina Faso n’a jamais été un département de l’Union Européenne. Le Niger, le Burkina et le Mali ne sont pas un département de l’Union européenne. Vous ne pouvez pas quitter l’Europe et venir imposer ce que vous voulez en Afrique. Car nous ne sommes plus dans les années 400 ou 500. Ils sont venus d’abord comme des colons, puis des envahisseurs mais tout ça c’est fini. Nous voulons être un Etat souverain et indépendant. Nous n’allons pas être d’accord et nous sommes mobilisés pour barrer la route à ces valets locaux. Parce qu’il y a l’ennemi intérieur et aussi l’ennemi extérieur. Si l’ennemi extérieur arrive à t’avoir c’est que c’est l’ennemi intérieur qui lui a montré le chemin par lequel il doit passer. Nous devons chercher à identifier ces ennemis et les combattre. C’est le message qui a été donné lors de notre de rassemblement.

Un mot pour la cohésion des Wayiyans de Banfora ?

Aux Wayiyans de Banfora, je dirai que la CNAVC est une institution très forte. Il faut que les gens comprennent cela d’abord. Ce n’est pas une personne qui fait la CNAVC, c’est une institution forte. Alors si nous nous donnons la main et que nous posons des actes forts, nous pouvons faire bouger plusieurs lignes dans la région. Mais si chacun se retranche de son côté et dit non, je ne me sens pas concerné, c’est la veille citoyenne qui prendra le coup. La veille citoyenne c’est tout le monde et nous devons manifester notre soutien aux autorités en y adhérant massivement parce que le travail que le camarade Ibrahim Traoré est en train de faire avec l’ensemble du gouvernement, n’est pas un petit travail.

Nous sommes sur plusieurs chantiers, sur plusieurs fronts en même temps. Il y a la révolution infrastructurelle, la révolution industrielle aussi et le Capitaine Ibrahim Traoré ne peut pas le faire tout seul. Il faut l’accompagnement de la population et nous Wayiyans nous sommes prêts à l’accompagner jusqu’au bout. Ceux qui veulent être indépendants doivent s’y mettre et accompagner nos leadeurs jusqu’à la destination finale.

Propos recueillis par Sié Yacouba Ouattara.

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