Promotion de la paix et de la cohésion sociale : L’AGEREF-CL lance le projet Belina

Dans le but de contribuer à la promotion de la paix et au renforcement de la cohésion sociale, l’Association de Gestion des Ressources Naturelles et de la Faune de la Comoé-Léraba (AGEREF-CL) a lancé ce 25 février 2026 à Banfora, un projet dénommé BELINA qui en langue nationale Cerma signifie justement la paix et la cohésion sociale. L’atelier qui a consacré ce lancement a été placé sous la présidence du Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri. En plus des PDS de Banfora et de Niangoloko qui étaient tous deux représentés, il a regroupé les chefs des villages de Diarabakoko, de Koutoura et de Yendéré ainsi que les présidents CVD et les représentants des femmes desdits villages qui constituent la zone d’intervention de BELINA.
La province de la Comoé, à l’instar des autres que compte le Burkina Faso est confrontée à des défis sécuritaires et sociaux liés à la gestion des ressources naturelles et du foncier qui affectent la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Ces tensions, qui affectent particulièrement les conditions de vie des jeunes et des femmes, nécessitent l’engagement commun et coordonné de plusieurs acteurs pour prévenir les conflits qui peuvent en résulter et promouvoir un climat de paix durable.

Une vue du présidium lors de l’atelier
Pour apporter sa contribution dans cette dynamique de prévention et de résolution, L’AGEREF-CL a initié le projet BELINA avec l’appui financier de la Open Society Fondation. Les activités de ce projet ont officiellement démarré le 25 février 2026 au cours d’un atelier qu’a présidé le Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri.

Selon Mathieu Tinguéri, Haut-commissaire de la Comoé, BELINA est une réponse structurée et pertinente
Pour le Directeur exécutif de l’AGEREF-CL, Mamadou Karama, cet atelier marque le démarrage officiel d’une nouvelle étape d’engagement collectif en faveur de la stabilité et du renforcement du tissu social dans notre région en ce sens qu’il offre un cadre d’échange entre autorités administratives, leaders communautaires, services techniques et organisations locales autour d’une initiative commune. Selon lui, BELINA fait suite à une étude qui a été réalisée dans la zone et qui a débouché sur un certain nombre de conclusions. A l’entendre, l’une des recommandations de cette étude, face aux tensions et aux conflits communautaires qui détériorent le vivre-ensemble, était de voir comment les communautés à la base peuvent être accompagnées pour se prémunir d’outils nécessaires à la préservation de la paix et de la cohésion sociale. Et de préciser que « Quand je dis outils, je parle des mécanismes endogènes pour prévenir et gérer les conflits ». Monsieur Karama ajoute que « Nous savons également que lorsque les conflits ne sont pas bien maîtrisés cela entraine souvent des départs et fragilise un peu les conditions de vie des communautés ».

Les participants se sont engagés à accompagner la mise en œuvre de BELINA
Poursuivant, le Directeur exécutif de l’AGEREF-CL a fait noter qu’après le diagnostic sur le terrain, il est apparu nécessaire également d’aider ces communautés à renforcer leur insertion socio-économique car, a-t-il fait noter, les conditions économiques et le chômage exposent les jeunes ruraux aux prêches radicaux et entraînent leurs recrutements au sein des groupes extrémistes. « BELINA vient donc bâtir la résilience des communautés sur trois piliers dont le premier est la prévention et la gestion des conflits, le second qui est complémentaire au premier c’est de voir comment consolider la cohésion sociale et la paix et le troisième pilier, qui est le pilier économique, vise à outiller les populations pour qu’elles mènent des activités génératrices de revenus comme tampon contre le recrutement des jeunes par le groupe terroristes » dira le Directeur exécutif selon qui, c’est un projet multipartenaires. « Nous sommes accompagnés par le directeur régional en charge de droits humains, de la solidarité et de la cohésion sociale, par celui en charge de l’agriculture, par les délégations spéciales communales de Banfora et de Niangoloko auxquels il convient d’ajouter des chefs de villages, des présidents CVD et des représentants des femmes. Tous ces acteurs auront un rôle à jouer dans la mise en œuvre de ce projet » a précisé Mamadou Karama.
Avant de déclarer le projet officiellement lancé, le Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri a fait noter que le nom du projet en lui-même est évocateur. Il traduit, selon lui, avec justesse l’aspiration profonde des Burkinabé à renforcer le vivre-ensemble, à consolider la paix et à promouvoir l’harmonie sociale. Pour Mathieu Tinguéri, le projet BELINA constitue une réponse pertinente et structurée car, il vise à renforcer les mécanismes endogènes de prévention et de gestion des conflits et à favoriser l’insertion socioéconomique des groupes vulnérables à travers des actions de soutien à la production maraichère et à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes. Tout en saluant l’AGEREF-CL pour sa clairvoyance, il a invité les populations bénéficiaires à adhérer massivement à BELINA pour assurer sa réussite. Le Haut-commissaire n’a pas manqué de traduire sa reconnaissance à Open Society Fondation, le partenaire financier de l’AGEREF-CL pour son accompagnement.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias
Impressions d’acteurs

Mamadou Karama, Directeur exécutif de l’AGEREF-CL
L’objectif de cet atelier, visait donc à réunir ce beau monde autour d’une même table pour leur expliquer ce que nous allons faire dans le cadre du projet et convenir de ce que chacun va réaliser comme activité de sorte que lors de la mise en œuvre, les activités se passent très bien et que chacun puisse jouer sa partition afin qu’à la fin nous ayons une très bonne musique qui nous permet de danser au son de la cohésion sociale.

Dramane Soulama, Chef du village de Koutoura
Ce projet BELINA, nous l’accueillons à bras ouverts car les initiateurs ont vu juste. Promouvoir la cohésion sociale, la paix et le vivre-ensemble dans un village tout en menant des actions à même de prémunir les jeunes des déviations telles s’enrôler dans les groupes armés terroristes, c’est poser les jalons d’un développement durable. Voilà pourquoi nous saluons l’AGEREF-CL pour cette clairvoyance. Dès mon retour, je rassemblerai les habitants de mon village pour passer ce message et les préparer à prendre activement part aux activités qui se dérouleront dans le cadre de BELINA.

Jean Soulama, président CVD de Yendéré
Ce matin nous avons pris part au lancement officiel du projet BELINA que l’AGEREF-CL, a bien voulu initier au profit de nos localités différentes et particulièrement au profit des jeunes. Les activités qui sont programmées dans la mise en œuvre de ce projet nous donnent de réels motifs de satisfaction parce qu’il est question de cohésion sociale, une condition sans laquelle aucun développement local n’est envisageable. Il est également question de formation des jeunes filles et garçons pour qu’ils puissent s’auto-employer. Cela est très important car une jeunesse dont les capacités sont renforcées est à l’abri des vices. Ici, nous avons représenté une communauté et dès notre retour, nous nous attèlerons à passer le message et mobiliser la communauté pour qu’elle adhère au projet.

Sekoumayè Soma, responsable des femmes du village de Koutoura
Nous venons de procéder au lancement officiel des activités du projet BELINA qui dans notre langue signifie l’entente, la cohésion sociale. Selon les informations qui nous ont été livrées au cours des échanges, c’est un projet qui vise à promouvoir la cohésion sociale pour une coexistence pacifique. Je suis particulièrement enthousiasmée à l’idée de savoir qu’à travers sa mise en œuvre, BELINA entends capaciter les jeunes filles. Ainsi, elles pourront être autonomes et participer au développement de leur localités.
Propos recueillis par Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



