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Les téléspectateurs de la Télévision nationale du Burkina suivent depuis un moment, des messages de repentis des adolescents terroristes. Âgés entre 15 et 17 ans, ces adolescents qui ont combattu aux côtés des terroristes et ont été capturés par les forces combattantes du Burkina Faso, disent regretter et demandent la clémence des autorités et du peuple burkinabè. Mieux, ils souhaitent même être scolarisés. Est-ce prudent de mélanger un adolescent au passé terroriste aux autres enfants ?
Oui, cela peut être prudent à certaines conditions, et cela peut même être nécessaire dans une perspective de sécurité publique et de réinsertion. Un adolescent de 15 ans, même impliqué dans des activités terroristes, reste un mineur dont la personnalité est encore en construction. L’exclusion systématique de l’école risque d’accentuer son isolement, de renforcer sa radicalisation et de compromettre toute possibilité de réintégration sociale.
Cependant, une telle inscription doit s’accompagner de plusieurs garanties :
Une évaluation approfondie du niveau de dangerosité du jeune.
Un suivi psychologique et éducatif adapté.
Une collaboration entre la famille, l’école, les services sociaux et, si nécessaire, les autorités compétentes.
Des mesures de protection pour les autres élèves et le personnel éducatif.
Un programme de déradicalisation ou de réinsertion lorsque cela est pertinent.
L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage ; c’est aussi un espace de socialisation qui peut contribuer à déconstruire les discours extrémistes et à offrir des perspectives d’avenir.

La véritable question n’est donc pas : « Faut-il l’inscrire à l’école ? », mais plutôt : « Dans quelles conditions peut-on l’accueillir tout en garantissant la sécurité de tous ? »
Dans la plupart des approches modernes de justice des mineurs, l’éducation est considérée comme un outil essentiel de prévention de la récidive et de réinsertion, même pour des jeunes ayant commis des actes très graves.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola Médias



