Société

Tangora dans la commune de Banfora : quand une bagarre de coépouses amène le mari en prison !

12 mois de prison dont 6 mois ferme et une amende de 250 000 f CFA assortie de sursis, c’est la peine prononcée par le tribunal hier 25 novembre 2025 contre un mari polygame jugé pour non-assistance à personne en danger. Récit d’un procès qui a vu à la fin les deux coépouses regagner leur domicile sans le mari.

Ce 25 Novembre 2025 au Tribunal de Grande Instance de Banfora a comparu un couple pour répondre des faits de coups et blessures volontaires pour la femme sur sa coépouse ayant entrainé une incapacité temporaire de travail de 11 jours et de non-assistance à personne en danger pour l’homme qui ne s’est pas soucié de l’état de la femme blessée. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 28 mai 2025 à Tangora, un village rattaché à la commune de Banfora.

Appelé à la barre, FKT, la coépouse qui était prévenue de coup et blessures, née le 11 mai 1993 à Tangora, célibataire et mère de trois enfants, a reconnu les faits à elle reprochés sans atermoiement. A la question du tribunal de savoir comment les faits se sont déroulés, la prévenue a affirmé que c’était dans la nuit du 28 mai alors qu’elle se trouvait dans sa maison en train de converser avec ses enfants, sa coépouse l’a torchée en lui demandant qu’elle parle avec qui. Elle a répondu qu’elle parle avec ses enfants. La coépouse aurait répondu que c’était faux. Et qu’elle l’a entendue l’insulter depuis sa maison tout en lui disant que si elle l’insulte à nouveau, elle trouvera ce qu’elle cherche. FKT avoue que sa coépouse s’est approchée vers elle en lui proférant des injures auxquelles elle a répliqué à son tour. Elle ajoute que celle-ci lui a donné un coup et qu’elle aussi a répliqué avec un autre coup puis elles se sont mises à lutter jusqu’à ce qu’elle a pu terrasser sa coépouse et lui donner des coups de poing au visage.

A entendre la prévenue, quand sa coépouse lui a demandé d’arrêter de la battre, elle l’a laissé et c’est ainsi que sa coépouse lui a fait savoir qu’elle ne se relèvera. Qu’elle allait attendre jusqu’au retour de leur mari pour qu’il vienne constater les faits. Brandissant une photo montrant la blessure, le juge demande à FKT avec quoi elle a frappé sa coépouse ? Elle dit avoir frappé sa coépouse avec la main.

Le mari, SS né le 24 Août 1984 à Banfora est un cultivateur domicilié également à Tangora. Il devait, à la barre, pour répondre des faits de non-assistance en personne en danger. En l’espèce, il lui était reproché de n’avoir pas assisté sa femme blessée et de n’avoir pas non plus demandé de l’aide pour qu’elle ait des soins. Interrogé par le tribunal SS a reconnu les faits qui lui sont reprochés et il a expliqué que lors des faits, il n’était pas à la maison car il se trouvait à Banfora pour des funérailles. Le prévenu dit qu’il est revenu trouver que les femmes ont fait la bagarre et que quand il est arrivé à la maison il a trouvé sa première femme couchée sur un sac. Il affirme ne s’être pas approché d’elle pour lui demander ce qu’elle avait, qu’il a juste manger et est rentré se coucher. SS avoue que le lendemain sa femme s’est rendue à l’hôpital avec son fils, et que c’est au retour du fils de l’hôpital qu’il a demandé au fils la raison pour laquelle il vient chercher sa mère pour l’amener à l’hôpital. Ce dernier lui a répondu qu’elle a fait la bagarre avec sa coépouse et qu’elle s’est blessée. Le prévenu avoue n’avoir pas été à l’hôpital rendre visite à sa femme et dit qu’il ignore également le nombre de jours qu’elle a eu à faire à l’hôpital.

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Le procureur n’était pas content des déclarations faites par le mari à la barre qui étaient différents de celles faites lors de son audition. Lisant ses déclarations faites au parquet, il ressort que le prévenu dit « Je reconnais les faits, SH est une personne bien connue de moi car elle est ma première femme. Le jour des faits j’étais à Banfora pour des funérailles, à mon retour je l’ai trouvé couchée à même le sol mais je n’ai rien vu d’anormal car elle a l’habitude de se coucher des fois dehors dans la nuit avant de regagner sa chambre à coucher ». D’un autre côté, il dit ceci: « J’ai constaté les faits et j’ai vu qu’elle était blessée mais je ne lui ai pas adressé la parole et je suis rentré me coucher ».

Entendue à son tour par le tribunal, la victime SH a affirmé que c’est avec un pilon que sa coépouse l’a blessée. Elle précise qu’elle l’a frappée au dos, aux jambes et aux pieds en se servant du pilon. Puis elle l’a tiré par les mèches qu’elle portait. SH avoue qu’elle est restée couchée au sol et qu’elle saignait. Elle ajoute qu’à l’arrivée de son mari, elle était toujours dans cette position. Il a demandé à sa coépouse de lui apporter le repas et qu’une fois qu’il a fini de manger ils sont rentrés dans la maison et ont éteint la lumière tout en la laissant dehors. A entendre la victime, c’est un voisin et ses enfants qui l’ont aidé à rentrer dans sa maison pour le reste de la nuit. C’est toujours des voisins qui l’ont aidé à monter sur la moto quand son fils devait l’amener à l’hôpital. Tout cela sans que le mari ne dise mot ou ne fasse quelque chose.

A la question du tribunal de savoir si la victime constituera partie civile si jamais les prévenus venaient à être déclarés coupables, elle a répondu qu’elle réclame la somme de 251126 F CFA représentant les frais d’ordonnances et les dégâts qu’elle a subi à la maison.

Le procureur dans sa réquisition a demandé à ce que FKT soit déclarée coupable des faits de coups et blessures volontaires à elle reprochés, quant à la sanction, il a demandé une peine de prison de 2 mois et une amende de 250 000 F CFA le tout assorti du sursis à exécution. Cela parce que FKT est délinquant primaire et a un bébé en main. Pour lui, on peut espérer qu’elle s’amende et éviter au bébé l’univers carcéral. En ce qui concerne SS il a demandé qu’il soit déclaré coupable des faits de non-assistance en personne en danger et en répression, il a demandé une peine de prison de 3 mois fermes et une amende de 250 000 F CFA assorti de sursis.

Pour leur défense les prévenus ont demandé la clémence du tribunal. Le juge dans son verdict a déclaré FKT coupable des faits de coups et blessures volontaires et l’a condamnée à une peine de prison de 3 mois et une amende de 250000 F CFA le tout assorti du sursis à exécution. Il a également déclaré SS coupable des faits de non-assistance à personne en danger et l’a condamné à 24 mois dont 6 mois fermes et à une amende de 250 000 F CFA avec sursis. Le tribunal a reçu la constitution de partie civile de SH et lui dit parfaitement fondée. Il a condamné FKT et SS à lui payer solidairement la somme de 251126 F CFA à titre de dommage et intérêt et condamné en outre solidairement les prévenus aux entiers dépens.

Ga Cherifa Raphaate Assita TRAORE

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