Santé

Lutte contre le VIH/SIDA dans les Tannounyan : « Si une personne meurt du VIH, c’est que la personne a voulu mourir de çà », dixit Alassane Sanou.

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Dans la lutte contre le SIDA, l’heure n’est plus à l’effervescence à travers les grandes cérémonies et autres grands rassemblements de sensibilisations. Ce qui n’est pas synonyme que la pandémie est aux oubliettes. Bien au contraire, des structures poursuivent inlassablement la lutte en vue de maitriser le taux de séroprévalence. Quelles sont actuellement les statistiques dans la région des Tannounyan à une période où la lutte connaît une défection majeure de plusieurs partenaires financiers ? Wangola Médias est allé à la rencontre de Alassane Sanou, chef d’antenne régional du secrétariat permanent national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles des Tannounyan. Depuis janvier 2020 il assure cette fonction. Celle de lutter à la maitrise de la maladie d’ici 2023.

‎Où en est-on avec la lutte contre le SIDA dans les Tannounyan ? Avance-t-on dans le bon sens ?

Il faut dire qu’il y a beaucoup de progrès en matière de lutte contre le VIH Sida dans la région des Tannounyan. Car on est passé d’une prévalence de 2% en 2015 à 1,3% en 2018 et depuis 2024 nous sommes à 0,7%. Cela veut dire qu’il y a des progrès qui sont réalisés dans ce sens. Et c’est vraiment grâce à la contribution de tous les acteurs de la riposte régionale du VIH.

‎Ceci dit, on n’avance dans le bon sens mais il faut noter que bien qu’il y a eu des progrès, cette prévalence que nous avons aujourd’hui est toujours au-delà de la prévalence nationale qui est de 0,5%. Ça veut dire que nous devons encore redoubler d’efforts pour atteindre les 0,5%.

‎On le sait, la région des Tannounyan fait frontière avec plusieurs pays, notamment la Côte d’Ivoire et le Mali. Dans la lutte contre la pandémie du siècle, y a-t-il des difficultés particulièrement liées à cette position frontalière ?

Pour Alassane Sanou, il y a des avancées dans la lutte contre le VIH/SIDA

Dans la région des Tannounyan, nous faisons frontière avec d’autres pays dont la prévalence est supérieure à 1. Avec les mouvements des populations, forcément, les interactions entre les populations influent sur nos résultats. Par exemple les cas de personnes perdues de vue que nous enregistrons. Ce sont des gens déjà enrôlés dans nos fiches mais que nous recherchons et que nous ne retrouvons plus. Ils peuvent quitter le pays. Ils sont dépistés chez nous, on les enrôle et dès qu’ils partent ils ne reviennent plus alors que c’est un indicateur. Quand c’est élevé, ce n’est pas intéressant.

‎Dites-nous si dans les Tannounyan il y a de nouvelles infections et quelles sont les activités menées pour la maîtrise des nouvelles infections ?

Il y a des nouvelles infections chaque année. Actuellement nous faisons la prévention combinée du VIH qui consiste dans un premier temps à sensibiliser, dépister et donner des moyens de prévention. Avant on faisait de la sensibilisation simple mais nous sommes dans une logique où si on sensibilise on doit proposer un test de VIH. Si le test est positif, on réfère la personne. S’il est négatif on donne des conseils afin que la personne ne puisse pas contracter la maladie.

‎En termes d’activités dans la région, nous menons des activités telles que les sensibilisations et les dépistages, surtout au niveau communautaire et au niveau de tous les acteurs. Au niveau des services et des entreprises, des gens mènent des activités, aussi au niveau des usines que nous avons ici. Les directions des services déconcentrés de l’État mènent également des activités de sensibilisation.

Il y a aussi le secteur de la santé qui mène des sensibilisations et il y a ce qu’on appelle le programme de l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH qui est une réalité dans la région et mise en œuvre dans les formations sanitaires. C’est spécifiquement les femmes enceinte auxquelles on propose le dépistage et quand une femme est positive, on la met sous traitement afin que l’enfant ne soit pas contaminé par la maladie. Il y a des activités de dépistage intra familial qu’on fait et ils consistent à rentrer en contact avec l’entourage d’une personne déclarée séropositive pour proposer le service de dépistage.

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‎Il faut noter que de plus en plus y’a moins de nouveaux cas. Les nouvelles infections sont réduites d’année en année et c’est ce qui est vraiment encourageant.

De plus en plus, on a l’impression que les gens ne sont plus préoccupés par le VIH/SIDA, contrairement à une certaine époque. Est-ce que c’est le fait du tarissement des financements ou simplement les populations se sont lassées d’attendre un vaccin libérateur ?

Au début il y avait beaucoup de ressources qui étaient injectées dans la lutte. Il y avait beaucoup de partenaires et accompagnements. Mais aujourd’hui avec les résultats obtenus, nous ne sommes plus une priorité pour ces partenaires. C’est vrai qu’il n’y a plus d’engouement mais il faut reconnaître aujourd’hui que l’accent est plus mis sur le ciblage des interventions. Ce qui fait que ce n’est plus comme avant où on n’avait des grandes manifestations autour de la question. Il est vrai que le taux de prévalence a beaucoup baissé mais il reste néanmoins élevé au sein de certaines cibles. On met donc plus l’accent sur ces groupes cibles en prenant en compte la population générale.

Pour une personne séropositive qui suit son traitement ne mourra pas de VIH soutient Alassane Sanou

‎Au regard de vos données statistiques dans les Tannounyan, dites-nous si vous êtes satisfaits ?

On peut dire qu’on n’est satisfait d’une part parce qu’il y a des efforts qui sont faits et les acteurs sont engagés.  De plus en plus, la prévalence ne fait que diminuer et on peut se satisfaire de cela aussi. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut baisser la garde. Comme on l’a dit, le visage hideux du VIH qu’on n’a connu, nos enfants n’ont pas connu ça. Donc en baissant la garde le réveil risque d’être douloureux.

‎Cette année notre plan régional a été adopté rien qu’en avril passé. Il y a beaucoup d’activités qui sont déclinées à ce niveau et il faut arriver à saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous pour faire passer le message et proposer le dépistage. L’objectif global c’est de mettre fin au sida d’ici 2030 comme problème de santé publique. Donc pour y arriver, rien ne doit rester de côté. Il y a beaucoup d’activités qui sont prévues pour 2026 et nous comptons sur l’ensemble des acteurs pour que les objectifs fixés puissent être atteints. Et nous comptons aussi sur les communicateurs. Je pense que si chacun arrive à jouer sa participation, on va pouvoir atteindre l’objectif souhaité.

De nos jours des gens continuent de mourir du VIH/SIDA ?

Lesdécès liés au VIH sont très réduits aujourd’hui. Nous avons un traitement très efficace. Si une personne meurt du SIDA c’est que cette personne a voulu mourir de ça. Elle ne s’est pas faite dépister et a refusé le traitement. Le décès du SIDA est très rare si la personne suit convenablement son traitement comme dans le passé. Un patient diagnostiqué du VIH est immédiatement mis sous traitement.

‎Des conseils dans le sens de toujours maintenir la veille et barrer la route à la pandémie dans la région des Tannounyan ?

Les conseils que j’ai à donner à la population c’est de garder la veille. On n’a l’impression que le mal n’existe plus alors qu’il est là. C’est vraiment de ne pas baisser la garde. Et j’invite toute la population à se faire dépister parce qu’aujourd’hui, la première action c’est le dépistage d’abord. Si on n’est dépisté négatif on peut adopter des comportements à ne pas contracter la maladie. Si on n’est déclaré positif ce n’est plus aussi alarmant comme dans le passé. Un patient diagnostiqué du VIH est immédiatement mis sous traitement.

‎En plus, nous sommes dans la combinaison de dépistage du VIH, de l’hépatite et de la syphilis. J’invite la population à participer aux activités de dépistage et de suivre les conseils qu’on va leurs prodiguer dans les services de dépistage.

Entretien réalisé par Sié Yacouba Ouattara.

Retransmission, Sountongnoma Stéphanie Kabré.

Wangola Médias.

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