Société

La balade du griot : quand une bouche d’incendie se retrouve sous les parpaings

Views: 103

Hééé, mes chers amis ! Djéliba est encore sorti tôt ce matin pour faire son petit tour de la cité du Paysan noir. Et comme toujours, ses yeux voient, ses oreilles entendent et sa bouche raconte. Aujourd’hui, son chemin l’a conduit du côté du secteur 15 de Banfora, précisément dans le quartier Tatana. Là-bas, le griot a découvert une situation pour le moins préoccupante autour d’un équipement qui, normalement, devrait rester accessible à tout moment : une bouche d’incendie.

Pour Djéliba, l’installation de ces équipements, qui coûtent certainement beaucoup d’argent à la collectivité, répond à une logique on ne peut plus claire. Il s’agit de rapprocher l’eau des habitations, des commerces et autres installations qui se trouvent parfois loin de la base des sapeurs-pompiers. En cas d’incendie, les soldats du feu doivent pouvoir disposer rapidement d’eau afin de combattre les flammes et limiter les dégâts.

Car, faut-il le rappeler, lorsqu’un feu prend de l’ampleur, chaque minute compte. Si les soldats du feu doivent retourner jusqu’à leur base pour faire le plein du camion-incendie avant de revenir sur les lieux, ils risquent de retrouver un incendie qui, entre-temps, a repris de plus belle. Voilà pourquoi ces bouches d’incendie ont toute leur importance.

À ce propos, Djéliba ne manque pas de saluer la clairvoyance des premières autorités qui ont permis l’installation de plusieurs bouches d’incendie à travers la ville de Banfora, notamment à la faveur des travaux de construction du nouveau château d’eau et de la réalisation de la nouvelle conduite d’eau reliant les Cascades de Karfiguela à la ville de Banfora.

Mais voilà que, depuis belle lurette, les travaux sont terminés et que certaines de ces installations semblent avoir été oubliées. C’est notamment le cas de celle située à l’extrémité des clôtures des écoles primaires publiques de Tatana A et B, pour celui qui quitte le centre-ville, entre la clôture des écoles et la voie bitumée.

Le poteau incendie, comme l’appellent les techniciens du domaine, se retrouve aujourd’hui pratiquement englouti sous les parpaings, les barres et blocs de béton ainsi que les agrégats produits par un citoyen qui y mène son activité pour gagner honnêtement son pain quotidien.

Djéliba le comprend bien : cet homme ne cherche pas à tendre la sébile. Il ne s’adonne pas non plus à un quelconque métier peu recommandable. Il produit simplement des matériaux de construction et essaie, à sa manière, de joindre les deux bouts. Mieux, son activité permet à des propriétaires de chantiers de se procurer plus facilement les matériaux dont ils ont besoin.

Mais, comme le dit le griot, même une bonne activité peut parfois se retrouver au mauvais endroit !

Car à force d’accumuler les matériaux autour de la bouche d’incendie, l’accès à cet équipement devient pour le moins difficile. Le citoyen a même aménagé un bassin en matériaux définitifs dans lequel il recueille l’eau nécessaire à ses travaux.

Djéliba se demande alors : que se passerait-il demain si un incendie venait à se déclarer dans cette zone ?

Faudrait-il attendre que les flammes montent dans le ciel avant de chercher à dégager les parpaings, les blocs de béton et les autres matériaux qui encombrent l’accès au poteau incendie ? Faudrait-il attendre le moment où les sapeurs-pompiers seront sur place, avec leur camion, pour constater qu’ils ne peuvent pas facilement accéder à leur point d’eau ?

Non, répond Djéliba !

Le griot pense qu’il vaut mieux prévenir que courir derrière les flammes. Il ne s’agit nullement pour lui de demander la fermeture de l’activité de ce citoyen ou de lui retirer son gagne-pain. Bien au contraire. Il estime simplement qu’une solution intelligente peut être trouvée : dégager et sécuriser l’accès à la bouche d’incendie tout en permettant à l’intéressé de poursuivre son activité dans un espace convenablement aménagé.

Ainsi, chacun pourrait y trouver son compte : le producteur continuerait à fabriquer ses matériaux, les riverains seraient rassurés et, surtout, les soldats du feu pourraient accéder rapidement à leur précieuse réserve d’eau en cas d’urgence.

Djéliba lance donc son petit cri d’alerte, non pas pour accuser, mais pour attirer l’attention. Une bouche d’incendie n’est pas un simple poteau planté au bord de la route. C’est un équipement de sécurité qui peut, un jour, faire la différence entre un incendie maîtrisé rapidement et un sinistre aux conséquences dramatiques.

Alors, autorités compétentes, habitants de Tatana et acteurs concernés, le griot vous regarde !

Faut-il attendre l’incendie pour constater que l’accès au poteau était bloqué ? Djéliba dit non. Il vaut mieux agir pendant que le ciel est encore tranquille, pendant que les parpaings sont encore immobiles et avant que les flammes ne viennent poser leur terrible question.

Vivement donc qu’une solution soit trouvée pour libérer l’accès à cette bouche d’incendie, sans empêcher celui qui y travaille de continuer à gagner dignement sa vie.

Parce que, lorsque le feu arrivera, personne ne voudra entendre : « Si on savait… » ou encore : « Pourquoi personne ne nous en a parlé avant ? »

Djéliba, lui, aura au moins parlé à temps.

Wangola Médias

Wangolā Médias

Wangolā Médias est un média numérique indépendant et impartial qui fournit des informations locales et internationales de qualité sur les Tannouyan et d'autres sujets d'intérêt général. Nous sommes engagés à promouvoir la liberté d'expression et la transparence, en utilisant les dernières technologies pour atteindre leur public et fournir des informations précises et opportunes. Wangolā Médias: L'info des Tannouyan, du Burkina et d'ailleurs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page