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Mise en œuvre du projet KAPOK : Les Amazones de Santa lancent leurs activités à Soubakaniédougou

« Tisser les liens, tisser la paix », tel est l’objectif poursuivi par l’Association culturelle féminine Les Amazones de Santa à travers la mise en œuvre du projet KAPOK, porté par l’Association de Gestion des Ressources Naturelles et de la Faune Comoé-Léraba (AGEREF C/L). Le lancement officiel des activités de ladite association est intervenu le 29 janvier 2026 dans la commune de Soubakaniédougou, en présence des présidents des délégations spéciales de Soubakaniédougou et de Niangoloko, ainsi que de nombreuses femmes, principales cibles du projet.

Retenue au même titre que cinq autres associations pour conduire des actions de promotion de la cohésion sociale dans le cadre du projet KAPOK, mis en œuvre dans la région des Tannounyan par l’AGEREF C/L, l’Association culturelle féminine Les Amazones de Santa a choisi la commune de Soubakaniédougou, située à 45 kilomètres de Banfora, pour le lancement de ses activités.

Une vue du présidium lors de la cérémonie de lancement avec les deux PDS et la présidente de l’Association Culturelle Féminine les Amazones de Niangoloko.

Le projet « KAPOK », qui signifie en langue cierma (goin) cohésion, paix, organisation et unité, vise à promouvoir la paix et à renforcer les liens entre les communautés des communes de Niangoloko et de Soubakaniédougou, notamment dans les localités de Ouangolodougou, Kimini et Soubakaniédougou.

À cette cérémonie de lancement, l’honneur est revenu au représentant du chef de canton de Soubakaniédougou, Moussa Soma, de souhaiter la bienvenue aux autorités administratives et aux femmes fortement mobilisées à la mairie de Soubakaniédougou, cadre de l’événement. Étaient également présents l’abbé Christophe Ouattara, vicaire de la paroisse, ainsi que le Directeur régional des droits humains, de la promotion de la citoyenneté et de la paix des Tannounyan, Ibrahim Traoré.

Honoré Sanou, PDS de Soubakaniédougou a invité la population à s’approprier le projet

Pour la présidente de l’Association culturelle féminine Les Amazones de Santa, Koumarami Karama, artiste-comédienne et metteure en scène, le Burkina Faso traverse une période difficile ayant fragilisé ce qu’il a de plus précieux : le tissu social et la confiance mutuelle. « Face à cette réalité, nous, femmes, avons décidé de ne pas rester les bras croisés. Nous avons décidé que nos douleurs ne doivent pas nous diviser, mais qu’elles peuvent devenir le ciment de notre reconstruction », a-t-elle expliqué.

La présidente Koumarami Karama durant son intervention

C’est là tout le sens du projet KAPOK, qui consiste à « tisser des liens, tisser la paix ». Pour Mme Karama, la paix est une étoffe fragile : « Si un fil se casse, c’est toute l’étoffe qui risque de se déchirer. Mais si nous recousons patiemment, fil après fil, lien après lien, nous rendrons notre communauté plus solide qu’avant. » À l’en croire, ce projet place la femme, trop souvent perçue uniquement comme victime des conflits, au cœur de la solution. « Nous affirmons aujourd’hui qu’elles sont les premières architectes de la paix », a-t-elle soutenu.

D’une durée de trois mois à compter du 1er janvier 2026, le projet permettra à 30 femmes, indirectement victimes de conflits, d’utiliser une arme puissante et pacifique : le théâtre communautaire. Après une formation intensive de trois semaines, basée sur le partage d’expériences, ces femmes monteront sur scène, non pas pour divertir, mais pour porter un message fort d’unité et de paix. S’adressant aux bénéficiaires, la présidente les a exhortées en ces termes : « Ouvrez vos cœurs, formez-vous, exprimez-vous et montrez au monde entier que la femme burkinabè est résiliente. » Elle a également exprimé sa reconnaissance à l’AGEREF C/L et à ses partenaires pour la confiance accordée aux Amazones de Santa à travers la sélection de leur dossier.

La troupe théâtrale de l’Association Culturelle Féminine Les Amazones de Santa en pleine représentation

Procédant au lancement officiel du projet KAPOK, le président de la délégation spéciale (PDS) de Soubakaniédougou, Honoré Sanou, accompagné de son homologue de Niangoloko, Ousséni Ouédraogo, a traduit sa satisfaction à ces femmes engagées pour la promotion de la paix et du vivre-ensemble à Soubakaniédougou, Ouangolodougou et Kimini. « Au cours des prochains jours et mois, elles travailleront ensemble pour renforcer la cohésion sociale, promouvoir la résolution pacifique des conflits et soutenir les initiatives de développement local. Nous sommes convaincus que ce projet contribuera à faire de nos communes des espaces de vie plus harmonieux et plus prospères pour tous », a-t-il déclaré.

Profitant de l’occasion, le PDS de Soubakaniédougou a remercié les partenaires techniques et financiers de l’Association culturelle féminine Les Amazones de Santa, ainsi que toutes les autorités ayant contribué à la mise en œuvre du projet. « Nous sommes impatients de travailler avec vous pour faire du projet KAPOK un succès », a-t-il lancé avant de procéder au lancement officiel.

Une vue des participants à la cérémonie de lancement

La cérémonie a été ponctuée par une prestation théâtrale des Amazones de Santa, offrant au public un avant-goût du concept « Tisser les liens, tisser la paix ». La pièce, axée sur le vivre-ensemble, le pardon et la cohabitation pacifique, a mis en exergue la nécessité de la compréhension mutuelle entre agriculteurs et éleveurs, notamment en cas de conflits liés aux dégâts de champs. Les comédiens ont rappelé que le pardon triomphe toujours de la violence.

Siè Yacouba Ouattara

Go Mamadou Traoré, de retour de Soubakaniédougou

Wangola Médias

Propos d’acteurs

Koumarami Karama, artiste-comédienne, metteure en scène et présidente de l’Association culturelle féminine Les Amazones de Santa

« Je suis très satisfaite et porte en moi un profond espoir, car ce lancement marque le début de nombreuses actions en faveur de la cohésion sociale. Concrètement, nous formerons 30 femmes au dialogue intercommunautaire à travers des exercices de jeux d’acteurs. Ces femmes, victimes de conflits fonciers, de tensions entre agriculteurs et éleveurs, femmes chefs de ménage ou déplacées internes, auront l’opportunité de s’exprimer et de partager leurs difficultés. Cette formation-création débouchera sur des représentations théâtrales pour sensibiliser davantage les populations. Nous sommes convaincues qu’aucun acte n’est insignifiant et que la paix se construit par le dialogue, l’écoute, le respect mutuel et la solidarité. »

Ousséni Ouédraogo, PDS de Niangoloko « Le vivre-ensemble demeure le ciment de notre société. »

« Cette initiative des Amazones de Santa arrive à point nommé au regard des difficultés traversées par certaines localités de notre commune. Des villages comme Kimini et Ouangolodougou ont besoin d’actions fortes pour restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble. J’invite les populations bénéficiaires à s’approprier ce projet, car sans cohésion sociale, la porte est ouverte à l’insécurité. Le vivre-ensemble demeure le ciment de notre société. »

Ibrahim Traoré, Directeur régional des droits humains, de la promotion de la citoyenneté et de la paix des Tannounyan

« Je félicite l’association et ses partenaires pour cette initiative en parfaite adéquation avec la vision de nos autorités. La cohésion sociale et la paix sont aujourd’hui plus que jamais indispensables. Chacun a un rôle à jouer : autorités, forces de défense, VDP et citoyens. Tout le monde est utile, essentiel et indispensable. La cohésion sociale constitue la base de tout développement durable. »

Propos recueillis et retranscrits par Sié Yacouba OUATTARA et Go Mamadou TRAORE

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