Cohésion sociale et paix : le projet transfrontalier KAPOK entre dans sa deuxième phase

La salle de réunion de la Délégation Consulaire Régionale (DCR) de la Chambre de Commerce de Banfora a abrité ce 7 janvier 2026 la cérémonie de signature de protocoles et de remise de chèques d’avance à six organisations de la société civile bénéficiaires des subventions du projet KAPOK. Cette cérémonie qui a été présidée par le Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri, consacrait également le lancement effectif de la mise en œuvre des initiatives locales de consolidation de la paix et de la cohésion sociale, un projet porté par l’AGEREF Comoé-Léraba.
Selon le Directeur Exécutif de l’AGEREF- Comoé-Léraba, Mamadou Karama, le projet transfrontalier KAPOK est le fruit de la vision de sa structure et de son partenaire international Conciliation Ressources, avec le soutien de la Fondation Robert Bosch. A l’entendre, le projet vise à renforcer la résilience des populations contre l’extrémisme violent dans la région des trois frontières Burkina Faso-Côte d ’Ivoire-Ghana en contribuant au renforcement de l’écosystème local de consolidation de la paix.

Le présidium à l’ouverture des travaux avec le Haut-commissaire au milieu
Dans ce cadre, un appel à candidature a été lancé au mois d ’avril 2025 en vue de la mise en œuvre d ’initiatives locales de consolidation de la paix et de la cohésion sociale dans la région des Tannounyan. A la suite d ’un processus d ’évaluation, six Organisations de la Société Civile (OSC) ont été retenues. Il s’agit de l’APESS qui a obtenu 6,5 millions de francs, du Collectif Namouna dont la subvention s’élève à 6 millions 392 mille 100 F, du Consortium OCADESS-JP pour 7 millions 150 mille francs, du RAJS/CORAPH qui a obtenu 6 millions 372 mille 300 francs, de l’Association Ramzya pour le déveeloppement pour un montant de 6 millions de francs et de l’Association Culturelle les Amazones de Santa pour un montant de 6 millions 517 milles 500 F.

Pour le Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri, il faut reconnaitre que dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et des tensions sociales croissantes, le projet transfrontalier KAPOK apparaît comme une initiative salutaire pour la consolidation de la paix et le renforcement de la cohésion sociale. À l’occasion du lancement de la deuxième phase du projet, il a tenu à saluer la pertinence de cette initiative portée par l’AGEREF Comoé-Léraba, qu’il a qualifiée de contribution majeure aux efforts locaux de prévention et de gestion des conflits.

Mamadou Karama invite les OSC bénéficiaires à bien conduire les activités programmées
« Ce projet arrive à point nommé, dans un contexte où les enjeux sécuritaires et sociaux exigent des réponses adaptées et inclusives », a-t-il souligné. Il a félicité l’AGEREF Comoé-Léraba pour son engagement constant en faveur de la paix et a invité les organisations de la société civile (OSC) bénéficiaires à faire un usage responsable et efficace des ressources mises à leur disposition. L’objectif, a-t-il rappelé, est d’obtenir des résultats concrets sur le terrain, notamment en matière de renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Les populations, premières bénéficiaires du projet, sont ainsi appelées à s’approprier pleinement les activités afin d’en assurer la durabilité.

Avant la signature des protocoles, la troupe théâtrale de ACF a presté pour le bonheur des participants
Toujours de l’avis du Directeur Exécutif de l’AGEREF-CL, Mamadou Karama, le projet KAPOK est actuellement à sa deuxième phase. La première phase a permis de réaliser un diagnostic approfondi du contexte sécuritaire et des dynamiques de tensions et de conflits communautaires dans les zones concernées. Cette analyse a mis en lumière l’existence de mécanismes traditionnels locaux de prévention et de résolution des conflits, tels que la parenté à plaisanterie ou encore l’arbre à palabre, qui peuvent être réactivés et valorisés au profit des communautés.

Le président de l’APESS signant son protocole
À l’issue de cette première étape, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment celle de mettre l’expertise locale au cœur des initiatives de consolidation de la paix. C’est dans cette optique que les partenaires techniques et financiers ont été sollicités afin de soutenir des acteurs locaux capables de traduire ces recommandations en actions concrètes. Le choix des OSC bénéficiaires n’a donc pas été fait au hasard selon lui car, a-t-il renchérit, ces organisations ont d’abord suivi un parcours de formation rigoureux portant sur la prévention et la gestion des conflits, ainsi que sur les mécanismes d’alerte précoce. Ce n’est qu’après cette phase préparatoire qu’un appel à candidatures a été lancé, ouvert aux OSC qui pouvait selon le Directeur Exécutif postuler individuellement ou en consortium.

La responsable de ACF Gertrude Karama recevant son chèque géant des mains du Haut-commissaire
À l’issue d’un processus de sélection exigeant, les organisations jugées les plus compétentes ont été retenues pour mettre en œuvre les initiatives locales. Chacune interviendra selon son domaine d’expertise : certaines à travers des actions de sensibilisation, d’autres par le plaidoyer ou encore par des approches innovantes comme le théâtre-forum. L’ambition globale reste la même : consolider l’écosystème local de paix, promouvoir le dialogue, la tolérance, l’acceptation de l’autre et le vivre-ensemble, dans une dynamique transfrontalière.

Photo de famille des responsables d’OSC après réception de leur chèque
Le projet s’inscrit également dans une logique de localisation de l’aide, une approche de plus en plus privilégiée par les bailleurs de fonds, qui encourage les ONG internationales à travailler à travers des acteurs locaux, a fait noter Mamadou Karama qui précise que cette expérience constitue une première dans le cadre du projet KAPOK. « Les résultats de cette phase seront déterminants, d’autant plus qu’une troisième phase est envisagée à partir d’avril 2026. Des résultats tangibles et transparents pourraient ouvrir la voie à une poursuite du partenariat » dira-t-il à l’intention des responsables d’OSC.

Moustapha Ouattara, deuxième coordinateur du collectif Namouna
Parmi les OSC bénéficiaires figure le Collectif des acteurs pour le développement durable de la région des Tannouyan. Son deuxième coordinateur, Ouattara Moustafa, qui dans un premier temps a rassuré l’AGEREF-CL quant à la bonne conduite des projets par l’ensemble des OSC bénéficiaires, a présenté les grandes lignes de leur initiative axée sur la cohésion sociale et la prévention des conflits dans les communes de Sidéradougou et de Tiéfora. Six activités principales sont prévues, allant de la présentation du projet aux autorités et aux populations, au renforcement des mécanismes traditionnels et institutionnels de gestion des conflits, en passant par la formation des leaders communautaires et l’organisation d’un théâtre-forum de sensibilisation.
L’approche se veut inclusive et participative, impliquant étroitement les autorités administratives, les structures locales et les populations, afin de proposer des solutions durables, notamment face aux conflits liés à la gestion des ressources naturelles. Une démarche qui témoigne de la volonté commune de bâtir une paix durable au sein des communautés affectées par la crise sécuritaire.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



