TGI de Banfora : Un orpailleur condamné à 12 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 250 000 F pour coups et blessures volontaires.

Le Tribunal de Grande Instance de Banfora a examiné, ce 20 janvier 2026, une affaire de coups et blessures volontaires qui s’est déroulée à Kouèrè dans département de Sidéradougou le 3 Août 2025. Les faits se sont déroulés aux environs de 9h dans un restaurant de la place.
Appelé à la barre, SM, un orpailleur né le 31 décembre 2000 à Mangodara, de nationalité burkinabè et résidant à Kouèrè, devait répondre des faits de coups et blessures volontaires sur PT, un livreur d’eau sur le site d’orpaillage. Sans ambages, le prévenu a reconnu les faits mais il a tenté de faire croire au tribunal que c’est par inadvertance qu’il a blessé la victime avec son couteau.
Relatant les faits sur invite du juge, SM a affirmé que c’était un matin, il s’est rendu dans un restaurant de la place pour manger. Là, il a croisé la victime PT qui lui a demandé de lui acheter quelque chose à manger. Il lui dira qu’il n’avait pas assez d’argent mais comme la restauratrice le connait bien, PT pouvait prendre ce qu’il voulait en attendant qu’il revienne plus tard régler la facture.
D’une voix quelque peu hésitante, le prévenu indique au juge que lorsqu’il voulait quitter les lieux, PT s’est approchée de lui pour réclamer l’argent de 3 bariques d’eau qu’il lui avait livrés à raison de 1000 F CFA la barique. SM affirme qu’il a juste dit à la victime que c’est son patron à lui qui devait payer. Dès lors, lance-t-il, PT s’est mis à m’insulter. Il ira même jusqu’à l’inviter en brousse pour se battre, soutient le prévenu qui poursuit sa narration en disant qu’au même moment, PT s’est mis à foncer sur lui. Pour le dissuader, SM a sorti son couteau mais PT est parvenu à saisi ses deux mains. C’est en voulant retirer sa main, soutient le prévenu, que son coteau l’a poignardé. Il a été conduit à l’hôpital par les gens qui étaient à côté. SM dit également qu’il a immédiatement informé ses parents de ce qui venait de se produire et ceux-ci se sont rendus CSPS pour s’acquérir de l’état de santé de la victime. Plus tard dans la même journée, les VDP ont interpellé et conduit SM à la gendarmerie de Sidéradougou.
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A la question du président de savoir pourquoi SM s’est servi de son couteau, il répond qu’il avait peur de la victime dont la corpulence dépasse de loin le siens. Il rajoute également qu’il pensait que la victime allait avoir peur de lui lorsqu’il a sorti son couteau.
La version des faits, livrée par victime PT tranche complètement d’avec celle du prévenu SM. En effet, invité par le tribunal, PT explique que lorsqu’il est allé trouver SM au restaurant, il l’a salué et lui a réclamé ses 3000f représentant l’argent des trois futs d’eau qu’il lui avait livrés à sa propre demande. Il croyait que SM avait peut-être oublié. Le prévenu lui a rétorqué qu’il avait remis l’argent à son patron et que s’il n’y croyait pas, ils pouvaient ensemble se rendre chez ce dernier pour vérifier. Pour PT, l’argent ne devait pas être remis à son patron car, dira-t-il, « C’est à moi que tu as fait la demande et c’est moi qui t’ai apporté l’eau et non mon patron ». Au même moment, poursuit la victime, SM a pris sa moto et est parti pour revenir quelques instants plus tard. Là, il s’est mis à l’insulter. « Je ne savais qu’il avait un couteau sur lui. Il est venu sous le hangar, toujours en train de l’insulter. Je lui ai dit d’arrêter car il n’y a pas de bagarre entre nous. Mais il s’est approché, il a sorti son couteau. Il n’y avait pas d’échappatoire ». PT dit qu’il a été poignardé par le prévenu sous son aisselle droit près de la zone thoracique. Il a alors appelé au secours et les gens qui étaient dans le restaurant sont venus attraper son agresseur. Lui, il a été conduit au CSPS.
A la question du tribunal de savoir si la victime constituait partie civile si jamais le prévenu venait à être déclaré coupable, PT répond par l’affirmative. Il réclame la somme de 495 200 f qui représente ses frais de soins.
Dans sa réquisition, le procureur a demandé à ce que SM soit déclaré coupable des faits de coups et blessures volontaires à lui reprochés. En ce qui concerne la sanction, il a demandé qu’il soit condamné à une peine d’emprisonnement de 2 mois avec sursis à exécution et une amende ferme de 250 000 f. Pour sa défense le prévenu a demandé la clémence du tribunal. Il a également dit qu’il remboursera la somme demandée par la victime. Rendant son verdict en fin de rôle, le juge a déclaré SM coupable et l’a condamné à 12 mois de prison assortis de sursis et 250 000 F CFA d’amende. il a reçu la constitution de partie civile de PT et l’a dit partiellement fondée. il a donc condamné SM à lui payer la somme de 400 000 F pour les dommages et intérêt et a débouté la victime du surplus de sa réclamation.
Ga Cherifa Raphaate Assita TRAORE
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