Société

Ibrahim Traoré alias Babanguida à propos de la tournée de la troupe théâtrale Sinignanssigui : de Soubakaniédougou à Loumana nous avons plaidé pour la responsabilisation des femmes.

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A la fin d’une tournée dans trois communes de la Comoé et de la Léraba dans la région des Tannounyan, le responsable de la troupe théâtrale Sinignassigui, Kin Ibrahim Traoré plus connu sous le nom de Babanguida a été reçu par Wangola Médias. Dans cette interview qu’il a bien voulu nous accordée, il revient sur l’ambiance qui y a prévalu et salue au passage le Programme décentralisation et cohésion sociale de la GIZ qui les a sollicités pour cette sensibilisation en faveur l’inclusion et de l’autonomisation financière de la femme.  

Wangola Médias : Présentez-vous à nos lecteurs ?

Ibrahim Traoré : je suis Traoré Ibrahim Alias Babanguida, je suis le responsable de la troupe Sinignanssigui, une troupe théâtrale de Banfora créée depuis 2015.

Dites-nous un mot sur la troupe Sinignanssigui ?

La troupe Sinignasigui exerce dans le domaine du théâtre. Elle est spécialisée dans le théâtre-forum, le théâtre-débat, le théâtre de sensibilisation et autres.

Vous venez de terminer une tournée, dites-nous dans quel cadre cette tournée s’est effectuée ?

Cette tournée s’est effectuée dans le cadre de l’autonomisation des femmes, l’inclusion de la femme. C’est une tournée que nous avons menée avec le grand accompagnement du Programme décentralisation et cohésion sociale de la GIZ, de la coopération Allemande.

Quels étaient les objectifs de cette tournée ?

Les objectifs poursuivis par cette tournée étaient vraiment nobles. Ce sont des objectifs d’actualités car il s’agissait pour la troupe Sinignanssigui, grâce au programme GIZ comme je l’ai dit un peu plus haut, de plaider pour la place de la femme dans la société. Dans nos villages, on a souvent tendance à écarter au niveau des grandes décisions. Pourtant elle a un rôle important et essentiel dans la société. Voilà. Donc ce projet est venu pour vraiment plaider la cause des femmes et afin qu’on leur donne une place importante dans la communauté.

Dites-nous concrètement sur le terrain, comment les choses se sont passées ?

Sur le terrain, les choses se sont très bien passées. Les populations des localités que nous avons parcourues, à savoir Soubakaniédougou, Niankorodougou et Loumana étaient en parfaite symbiose avec la troupe. Et je puis vous assurer qu’elles ont bien compris le message que nous avions à faire passer.

Quel est justement le message que vous avez porté dans ces localités ?

Comme je le disais, le message que nous avons apporté visait à sensibiliser les hommes, les autorités et toute la population à accorder toute l’importance qu’il faut à la femme dans la société actuelle. A travers les pièces que nous avons jouées, nous avons plaidé pour l’autonomisation des femmes, leur inclusion dans la prise de décisions. Il faut nécessairement impliquer les femmes dans les prises de décision.

A présent, camarade Traoré, dites-nous comment votre troupe a été sélectionnée par GIZ pour mener cette activité ?

Nous exerçons dans le théâtre forum depuis 2015. Voilà. Nous justifions d’une solide expérience en la matière et nous avons des contacts un peu partout. C’est la qualité du travail que nous faisons ainsi que le sérieux que nous mettons dans notre dans nos activités qui ont amené la GIZ à nous contacter dans la région des Tannounyan pour cette activité.

Votre partenaire GIZ est-elle satisfaite du travail que vous avez menée au cours de la tournée ?

Tout à fait. Le partenaire GIZ, auquel j’adresse au passage toute ma gratitude a trouvé satisfaction dans le travail abattu. Ils étaient là, voilà le premier jour, à la première prestation. Ils ont apprécié l’interaction entre la troupe et la population des villages sillonnés. Et avant même la diffusion, c’est à dire la première prestation, on a travaillé ensemble sur la création dans ce cadre pour la création pendant une semaine. Donc c’est c’était satisfaisant, parce que le travail a été intelligemment mené et nous de notre côté aussi nous étions vraiment très contents parce que le partenaire GIZ ce que nous avons présenté. Cela nous fait énormément plaisir. Quand tu travailles avec quelqu’un, une ONG ou encore un programme qui t’a sollicité et au bout du compte la structure est satisfaite ça vous fait vraiment honneur. Voilà.

Quel a été l’apport de la GIZ ?

Il faut vraiment louer ce genre de partenariat et en la matière, GIZ est à féliciter. Quand ils sont arrivés, ils nous ont donné du matériel de sonorisation. Vous voyez donc pourquoi je dis qu’il faut vraiment saluer cette initiative. De plus avec la situation sécuritaire que le pays a connu, beaucoup de projets sont partis pour une raison ou pour une autre. Mais grâce à la montée en puissance de nos forces combattantes, il y a beaucoup d’amélioration. Et la GIZ est venue confirmer cela parce qu’il y a de mauvaises langues qui disaient qu’on ne peut même pas effectuer une tournée dans le pays, on ne peut même pas peut même plus travailler.

Dans quelle période s’est effectuée cette tournée ?

La tournée s’est déroulée du 18 au 20 août 2026. Voilà. Durant ces trois jours nous parcouru ces localités de la Comoé et de la Léraba en toute quiétude avec à la clé des prestations qui atteint leurs objectifs et qui ont donné satisfaction au partenaire.

Alors à présent, parlez-nous de la pièce que vous avez présentée. Quel est son intitulé ?

Les pièces que nous avons présentées étaient au nombre de trois. Il y avait une pièce sur l’autonomisation de la femme qui est intitulée en langue nationale diaoula « Tant que nos maris seront là, nous n’allons pas réussir>>. Cette pièce évoque une situation dans un village où la présidence de l’association a été confiée à une femme. Et la femme en question s’est vraiment donnée au travail. Pendant 3 ans la femme a vraiment travaillé et il y a eu des bons résultats et tout le monde reconnaît qu’elle a brillamment rempli la mission. Maintenant au renouvellement de la structure certains mauvais esprits ont trouvé qu’il ne faut plus de femme à la tête de la structure. Pour ces derniers, il faut changer. Ainsi donc la décision 1 été prise de procéder au remplacement de la femme par un homme. Et quand l’homme est venu tout le monde a aussi vu les conséquences. Il a tout gâté. Il a tout gâté. Il a tout gâté.

Et la deuxième pièce ?

La deuxième pièce porte sur l’autonomisation financière de la femme. Nous l’avons monté pour montrer aux populations qu’il faut donner l’opportunité à la femme d’être autonome financièrement. Cela parce c’est connu de tous, quand une femme est financièrement autonome elle s’occupe de sa famille, elle contribue à l’amélioration des conditions de vie de la famille et la société s’en ressent.

 A présent dites-nous un peu sur la troisième pièce ?

La troisième pièce traite de l »inclusion de la femme dans les sphères de décision. Nous l’avons jouée dans la commune de Loumana qui est située à 25 kilomètres de Sindou, cher lieu de la province de la Léraba. A travers cette pièce nous montré aux populations la nécessité d’associer les femmes aux activités de développement.  Et si souvent les hommes refusent de donner des places importantes à la femme, c’est parce que les femmes aussi ont peur de s’engager. Cette pièce de théâtre sensible donc les femmes à s’engager et de ne pas avoir peur. Nous les avons invitées à prendre la parole au cours des rencontres et à donner leurs idées qui sont le plus souvent lumineuses et participer ainsi au développement de leur localité.

Comment le public a accueilli ces pièces et comment il s’est comporté quand vous avez fait ces représentations théâtrales ?

En tout cas, le public s’est engagé à apporter le changement là où il faut. Avant d’aller sur le terrain, la GIZ a pris langue avec les différents PDS et contacté les autorités de ces localités pour l’organisation pratique. Et quand nous sommes arrivés, tout est parti comme sur des chapeaux de roulettes. Je voudrais au passage dire merci à ces autorités pour leur engagement. Du côté de la population, je dois pouvoir dire qu’elle a vraiment accueilli l’activité comme nous l’avions souhaité. L’étape de Niankorodougou nous a particulièrement marqué. Le jour où on devait faire la représentation, il y a eu la pluie. La population ne s’est découragée malgré tout. Elle a souhaité que nous mettions au lendemain matin. Nous n’y avons pas trouvé d’inconvénients. Le matin venu, à partir de 7h le chef du village en personne était sur la place publique. La population également était fortement mobilisée. En tout cas nous disons que les populations de ces localités ont bien accueilli le spectacle.

Comment pouvons-nous conclure cet entretien ? Est-ce que votre troupe est prête pour d’autres aventures avec la GIZ et d’autres structures ?

Bien sûr que nous sommes prêts. C’est ce que nous savons faire le mieux. Nous sommes donc bel et bien prêts pour d’autres aventures avec la GIZ pour continuer toujours à sensibiliser les populations afin que les hommes comprennent que la femme peut s’engager dans le développement de la société. Merci.

Entretien réalisé par Go Mamadou TRAORE et Sié Yacouba Ouattara

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