Société

Balade du Griot : le bienfait de l’utilisation du mot « camarade » sur la cohésion sociale au Burkina Faso.

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En quelques semaines, la mayonnaise a pris. Bien pris même plus que l’on s’y attendait. En effet, l’usage du mot « camarade » au pays des hommes intègres décrété en début du mois de juin 2026 par la Revolution Progressiste Populaire fait son bonhomme de chemin. Oui, la mayonnaise a rapidement pris. Et pourtant.

Depuis cette triste date du 15 octobre 1987, date de l’assassinat du guide de la révolution de 1983, Thomas Sankara, la messe a été dite sur l’appellation « Camarade » qui a été aussitôt enterrée. Après près de 40 ans, les Burkinabè sont de nouveau appelés à l’usage du mot « Camarade » et sans détour, ils se sont vite accommodés. C’est le constat du griot.

Le griot se rappelle des termes de cette décision. En effet, selon les directives de ce décret du premier juin 2026 pris par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo, pour la conduite de la RPP, « Il importe de veiller à ce que notre langage officiel reflète l’esprit d’égalité, de fraternité combattante et de solidarité active entre les dirigeants et le peuple en marche vers l’édification d’un Burkina Faso nouveau ». Les Burkinabè étaient donc invités à consacrer l’usage du terme « camarade », que ce soit dans les correspondances administratives que lors des prises de paroles et des discours.

Progressivement et même très facilement, les Burkinabè ont adopté la consigne après un passage par la case de la parenté à plaisanterie. Les Mossis ne voulaient pas se voir appeler « Camarade » par les Samo, tout comme les Bobo et les peuls, les Lobis et la grande famille senoufo. « Depuis quand on est camarades » entendait le griot. Selon une certaine considération d’ascendance, l’esclave ne doit pas appeler le maitre « camarade ».

Mais passés ces premiers moments, le griot dans sa balade a constaté que la mayonnaise a bien pris et il estime que la RPP a vu juste pour la restauration du mot « camarade ». Car réellement l’appellation fait tomber les barrières. Le griot peut en témoigner, lui qui sert sa société depuis des lustres se voit appeler « camarade » dans ses visites dans les différentes administrations de sa contré. Loin à vous d’imaginer la joie que cela lui procure, le griot se voit lui aussi enfin considérer dans la société malgré son rang social.

En effet, assumant son un rôle social, celui de faire les louanges des personnalités, de transmettre les faits historiques de bravoures, servir de liens de transmission des nouvelles de sa contré et attendre quelques billets en retour, se voit lui aussi élever au rang de « camarade » tout comme ces personnalités occupant de hauts rangs.

Toutefois, le griot ne doit pas être seul à arborer cette fierté. Bien d’autres citoyens lambda doivent, comme lui ressentent cette fierté à travers la « chute » de cette barrière sociale et fait régner l’esprit d’égalité, de fraternité combattante et de solidarité active entre dirigeants et le peuple en marche vers l’édification d’un Burkina nouveau.

Camarades, ainsi va la marche radieuse de la RPP au Burkina Faso ces dernières semaines.

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