
Views: 7
Le TGI de Banfora en sa séance du 9 juin 2026, avait au rôle une affaire d’abus de confiance entre un éleveur et Bakary (nom d’emprunt). Bakary avait confié ses bœufs à l’éleveur afin qu’il s’en occupe. Entendu à la barre, l’éleveur reconnaît avoir bien reçu les animaux, mais a affirmé qu’ils se sont volatilisés.
Les faits se sont déroulés à Niangoloko durant l’année 2025. L’éleveur a raconté qu’il possédait une centaine de têtes de bétail, dont 43 lui appartenaient et le reste provenait de plusieurs personnes qui les lui avaient confiées dont Bakary. Comme d’habitude, il a fait rentrer les animaux dans l’enclos mais au petit matin, lorsqu’il est venu pour les libérer, c’est avec effroi dit-il qu’il s’est rendu compte que les animaux n’étaient plus là. Il a alors entrepris des recherches dans toute la ville jusqu’à la frontière avec la Côte d’Ivoire mais sans succès.
Quarante-huit heures après les faits, l’éleveur dit avoir appelé Bakary pour l’informer de la situation. « Je lui ai dit que ses bœufs avaient disparu et il m’a dit que dans ce cas, je devais lui donner la somme d’un million de francs CFA et que si je retrouvais les bœufs, je pouvais les garder », a soutenu l’éleveur devant les juges, qui, poursuivant la relation des faits a déclaré que comme il ne disposait pas d’un million de francs CFA, Bakary l’a alors convoqué. Il a réaffirmé avoir tout mis en œuvre pour retrouver les animaux, mais en vain.
À la suite de l’éleveur, Bakary a pris la parole pour donner à son tour sa version des faits. À l’entendre, c’est ayant besoin d’argent, qu’il serait allé chez l’éleveur pour demander la vente de l’une de ses bêtes. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a finalement réussi à entrer en contact avec lui. « Je pars chez lui, sa femme me dit qu’il est sorti à plusieurs reprises et son numéro ne passe pas », a souligné Bakary. C’est ainsi qu’il aurait appris que ses sept bœufs s’étaient volatilisés dans la nature et c’est alors qu’il a décidé de porter l’affaire devant les autorités.
Le procureur a voulu savoir si l’éleveur après avoir constaté la disparition des bêtes, s’était rendu dans un poste de police afin de signaler les faits. À cette question, l’éleveur a répondu qu’il était dépassé par la situation et qu’il n’avait pas eu l’idée de le faire. Au procureur de lui rappeler alors :« En 2017, vous avez perdu trois bœufs et vous êtes immédiatement allé le signaler. Pourquoi, maintenant qu’il s’agit de 100 bœufs, vous oubliez ? », a-t-il interrogé. Selon le procureur du Faso, la seule explication plausible est que l’éleveur a vendu lesdits bœufs avant de prétendre qu’ils se sont volatilisés afin de couvrir ses agissements.
À la fin des échanges, le procureur a demandé que l’éleveur soit reconnu coupable d’abus de confiance et de ce fait, a requit cinq ans de prison, dont trois ans ferme ainsi qu’une amende d’ un million de francs dont 500 000 francs CFA assortie de sursis.

Bakary, quant à lui, en tant que partie civile, a demandé la somme de 1 750 000 francs CFA en réparation du préjudice subi pour ses bœufs.
Le président du tribunal a reconnu l’éleveur coupable et en répression, l’a condamné à trois ans de prison dont 18 mois ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA, dont 500 000 francs ferme. En plus, il devra payer les dommages et intérêts réclamés par Bakary.
Kadougofin Armel Landry Ouattara
Wangola Médias



