Société

TGI de Banfora : un procès pour menace de mort pas comme les autres.

Views: 5

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora, en sa séance du mardi 2 juin 2026, avait à trancher une affaire de menace de mort opposant deux sexagénaires. MO, le prévenu, est accusé par SY d’avoir déclaré : « Soit je vais le tuer, soit je vais l’envoyer en prison », des propos que MO ne reconnaît pas.

Pour planter le décor, certaines précisions sont nécessaires. Depuis au moins 2018, les deux seniors se sont retrouvés opposés malgré eux, entraînés dans un litige foncier. En 2025, SY avait déjà poursuivi MO pour diffamation. Le verdict avait abouti à une prescription et le tribunal avait alors demandé aux deux parties de se concerter afin de trouver un terrain d’entente.

Il est ressorti des débats que, quatre jours après le verdict, SY avait entrepris d’aller voir les proches de MO pour enterrer la hache de guerre. Sur le chemin du retour, un inconnu l’aurait prévenu en ces termes : « La route n’est pas bonne devant, faites attention. » SY aurait alors emprunté une déviation et aurait surpris MO dans une construction abandonnée. Il a également ajouté avoir vu des torches au bord de la route : « C’étaient sûrement les gars de MO. »

Une autre anecdote racontée par SY rapporte que son frère lui aurait affirmé : « MO m’a dit que soit il va te tuer, soit il va t’envoyer en prison. » Suite à cela, craignant pour sa vie, il a décidé de porter plainte.

Entendu à la barre, MO ne reconnaît pas les accusations portées contre lui. Il affirme qu’en tant qu’ancien policier, il connaît la portée et la gravité d’une menace de mort et s’offusque qu’on l’associe à de tels faits. Le président lui a alors expliqué que l’attitude de SY était la bonne : en cas de problème, il faut faire appel à la justice plutôt que de se faire justice soi-même. Il a également rappelé que le fait d’être à la barre ne signifie pas être condamné.

Ensuite, ce fut au tour de SY d’être rappelé à l’ordre, cette fois par le procureur du Faso près le TGI de Banfora. Dans sa prise de parole, SY a déclaré : « Il y a des cadavres qui jonchaient les rues de Banfora ; on les a ramassés et on n’a jamais su qui a fait ça. » Pour le procureur, ces propos laissaient entendre une remise en cause du travail de la justice : « Donc, vous voulez dire que nous ne faisons pas notre travail ? Vous savez que cela peut vous coûter une poursuite en justice ? » SY a alors balbutié quelques justifications avant de présenter ses excuses.

L’audience a repris son cours avec l’audition du frère de SY, cité à comparaître comme témoin clé. Mais tout a basculé lorsque ce dernier a déclaré qu’il n’avait jamais tenu les propos que son frère lui attribuait : « Pour ce qui est de la menace de mort, je ne sais rien. Je sais seulement qu’il existe un litige entre eux. »

Cette déclaration a mis fin aux débats.

Le procureur a requis que MO soit relaxé des fins de la poursuite pour infraction non constituée. Le président du TGI de Banfora a suivi les réquisitions du ministère public et a prononcé la relaxe du prévenu.

Kadougofin Armel Landry Ouattara

Wangola Media.

Wangolā Médias

Wangolā Médias est un média numérique indépendant et impartial qui fournit des informations locales et internationales de qualité sur les Tannouyan et d'autres sujets d'intérêt général. Nous sommes engagés à promouvoir la liberté d'expression et la transparence, en utilisant les dernières technologies pour atteindre leur public et fournir des informations précises et opportunes. Wangolā Médias: L'info des Tannouyan, du Burkina et d'ailleurs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page